mardi 28 juillet 2015

Le voyage continu !

Jour 7

 Ce matin, la paroisse Tapora nous a accueilli le temps d’un culte, c’est ainsi que nous nous sommes retrouvés dans un magnifique temple dans les alentours de Papeete, à Faah’a. 


Dans ce temple, la culture imposée par les missionnaires européens a été conservée. Ainsi, les tenues vestimentaires et les instruments traditionnels (Ukulele, percussions, etc…) sont interdits lors du Culte. Cela nous a surpris car la soirée de la veille organisée par cette même paroisse fut animée par des musiciens et des danseurs traditionnels vêtis de ces tenues végétales pourtant bannies lors du Culte. A l’inverse, certaines paroisses de l’Eglise Protestante Maohi valorisent la culture ancestrale lors des cultes, la sainte cène peut se célébrer avec du lait de coco et du uru à la place du pain et du vin. 




Lors du culte nous étions  situés au deuxième étage, à la place de la chorale et de l’école du dimanche, de là, nous avons pu admirer les « habits du dimanche » des paroissiens.Ces tenues évoquaient celles que l’on portait en Europe au 18e siècle. La pasteur a fait sa liturgie en tahitien, malgré notre participation en début de culte avec trois chants, nous nous sommes sentis spectateurs. Nous avons cependant été touchés que la pasteur résume son sermon pour nous en français. La beauté des chants tahitiens interprétés par les différents comités de la paroisse nous ont permis de méditer. 


C’est donc après une expérience enrichissante que nous sommes rentrés sur Papeete. Dans l’après-midi, nous avons eu un temps de partage biblique autour de la question « donner sa vie à Dieu ». Ce moment fut très enrichissant et nous a donné l’occasion de faire le point sur les convictions personnelles de chacun. Nous avons eu la joie d’être rejoints par quelques jeunes suisses motivés. 

Une journée bien remplie et enrichissante en ce dimanche 19.

Jour 8

En ce début de semaine nous avons eu l’occasion de visiter la zone administrative de Papeete. Nous avons d’abord été à la mairie où nous avons été accueillis par le maire adjoint. Les questions abordées étaient surtout portées sur l’écologie et en particuliers des problèmes posés sur le long terme par la montée des eaux. Cette problématique a un impact important sur les populations. Ces dernières menacées par la destruction de leurs terres suivent un mouvement de migration vers les hautes îles. Cependant les îles « accueillantes » n’ont pas encore de projet ni de financement pour des infrastructures adaptées. Notre parcours s’est poursuivi à l’assemblée de la Polynésie Française où se rassemblent les représentants démocratiquement élus des chaque archipel : îles Australes, Marquises, îles Sous-le-vent, îles du Vent et Tuamotu.

Enfin au dernier moment nous avons pu visiter le palais présidentiel où nous avons rencontré le président. Depuis cinq ans la Polynésie française connaît un changement annuel de gouvernement. Cela entraîne un avortement successif des projets projet sociaux de chaque présidence. Pour avoir échangé avec un polynésien ce dernier m’a expliqué que a population se sent abandonnée et connaît de plus en plus de chômage.

Jour 9

Enfin nous mettons concrètement en œuvre notre projet ! Avec l’aide de Dieu, nous avons pu obtenir deux jours dédiés entièrement à nos actions de témoignage : ce mardi et jeudi. Ce fut le fruit d’une négociation compliquée que nous avons mené depuis notre arrivée. Nous n’avions pas toutes les cartes de ce subtil jeu diplomatique et logistique en main et c’est pour cela que ces deux modestes jours accordés ont été pour nous une très bonne nouvelle. Beaucoup de jeunes dans le groupe avaient le sentiment de passer à côté de la mission dont on était investi, se laissant aller au programme inflexible de nos hôtes qui revêtait bien souvent des allures de voyage touristique organisé. Pourquoi ces difficultés à vivre l’axe témoignage et notre vie spirituelle ? C’est peut-être une question difficile qui mérite d’être posée à l’Eglise protestante Maohi qui s’était engagée, dans le cadre de la Cevaa, à mettre en œuvre l’intégralité de ce projet bilatéral. Il y a une réponse concrète que nous pouvons malgré tout donner à ce stade de l’aventure. Ici, l’accueil est quasiment sacré. Bien recevoir, se présenter, au travers de discours, de cadeaux et de multiples déplacements dans les différentes paroisses de chaque arrondissement, est un devoir. Ainsi, chaque communauté mettait un point d’honneur à nous recevoir, ne serait-ce que pour nous avoir lors d’un petit déjeuner. Si bien que les trois repas d’une même journée pouvaient se prendre dans 3 paroisses différentes. Impossible de déroger à ce programme sous peine de fâcher et de blesser nos hôtes. 

Mais, nous ressentions vraiment un appel de Dieu à vivre ce projet et cela semblait plus important qu’une fâcherie passagère. En demandant à nous exclure du programme pour quelques jours, nous avons accepté l’idée de contrarier le 7e arrondissement qui nous recevait alors. Si bien qu’ils n’ont pas accepté de nous mettre en relation avec quelques-uns de leurs jeunes et responsables pour vivre cette aventure avec nous. Elément pourtant indispensable pour que ce projet s’inscrive dans le cadre d’une rencontre interculturelle et inter-Eglise. Et puis, évidement, comment aurions-nous pu témoigner de notre foi dans une culture que nous ne maitrisions pas sans jouer au missionnaire-colon du XIIIe siècle ? C’est alors qu’un groupe de jeunes UCJG (Union Chrétienne de Jeunes Gens)  du 1er arrondissement, extérieur à l’organisation de notre séjour, a été autorisé à nous aider. Ce fut un merveilleux cadeau de Dieu. Déjà en lien avec Benjamin, ce groupe avait à cœur de mener ce projet et nous ont accompagné durant ces deux jours. Tout cela a donc nécessité de sacrifier notre « image diplomatique » pour libérer la journée du mardi et de prendre sur nous pour utiliser la journée du jeudi, normalement dédiée à un salutaire temps de repos de mi camp. Mais, il est bon et agréable de se sentir cohérent avec l’appel que nous avions tous ressenti, peu importe les sacrifices.





Etude de textes bibliques autour du témoignage



Ce matin nous nous sommes mis dans les conditions du témoignage en étudiant quelques textes bibliques. Cette activité nous a permis de réfléchir au rôle de témoignage. Hinatea, la responsable des jeunes nous a amené à nous questionner : Pourquoi voulez-vous témoigner ? Et pourquoi à Tahiti ? 
Afin de préparer la rencontre avec les personnes dans le besoin (sans abris, prostitués...), nous avons été mis en situation par les jeunes de l’UCJG qui avaient déjà l’expérience du témoignage. Rapidement, la difficulté de l’approche et du contact nous est apparue. Mais heureusement nous avons eu quelques conseils : nous mettre à la hauteur de l’autre, lui demander si l’on peut s’asseoir avec la personne et la remercier d’avoir accepté de discuter. La discussion devient alors possible et plus facile pour aborder le sujet de la foi. Il est important de ne pas juger les personnes et que l’amour se reflète dans nos paroles comme dans nos actes.

Ce soir nous nous sommes plus encore sentis soutenus dans notre projet lorsque nous avons été rejoints par une douzaine de personnes supplémentaires : nous étions ainsi une quarantaine ainsi présent. C’est avec appréhension que nous nous sommes rendus dans les rues de Papeete. Mais avant de nous partager en groupe nous nous sommes unis dans la prière et dans le chant. Cette soirée nous l’avons vécu séparément et sans doute de manière différente mais nous avons tous été touchés par les personnes que nous avons rencontrées. Au final ce témoignage venait surtout de ces dernières, il était surprenant de voir des sans-abris, des anciens prisonniers ainsi que des dealers de drogue vivant avec force leur foi et ce malgré la dureté de leur vie. Certains d’entre nous ont vécu des rejets mais ce ne fut pas mal vécu car nous avions été préparés à cette éventualité. 

Nous avons pu inviter toutes les personnes rencontrées à notre « Café-Rencontre » prévu ce jeudi. 
La soirée s’est clôturée sous un kiosque où nous étions tous réunis pour partager ce qu’on venait de vivre. Pour tous ce fut une expérience enrichissante tant spirituellement qu’humainement. Malgré la fatigue nous étions tous heureux d’avoir rencontré de nouvelles personnes et d’avoir accompli un volet de notre mission.

Jour 10



Aujourd’hui, nous avons visité un site archéologique situé dans une vallée proche de Papeete, après une petite demi-heure de marche, nous avons été accueillis par un des gardiens du site, ces derniers nous ont fait visiter un Marae (lieux de culte ancestral Polynésien), ainsi que la grotte d’une reine guerrière légendaire. Le site, longtemps laissé à l’abandon et recouvert par la végétation abondante fut restauré dans les années 2000, cela s’insère dans un mouvement général de revalorisation du patrimoine culturel précolonial. Cette visite fut intéressante car le guide, éduqué dans la religion protestante se définit désormais comme « païen » et « syncrétiste ». Ce dernier, devenu prêtre traditionnel officie des célébrations dans l’esprit des pratiques de l’époque. 
L’après-midi nous sommes allés à la plage de « La pointe de Vénus », cette plage ce nomme ainsi car c’est l’endroit où le capitaine Cook a observé la course de Vénus. C’est la première fois ou nous nous sommes baignés sur une plage de sable noir d’origine volcanique. 

Jour 11

Deuxième journée de notre action témoignage ! Sur la base de nos propositions formulées lors des week-ends de préparation en France et réadaptées sur les conseils des jeunes tahitiens nous avons mis sur pied une activité de Café-Rencontre. L’idée est d’inviter les passants à partager un moment de convivialité autour d’un café et de snacks et de nous donner l’occasion d’échanger sur nos convictions de foi. 

Avec l’aide de Dieu, nos amis jeunes tahitiens du 1er arrondissement nous ont réussis à négocier un espace dans les jardins de la mairie de Papeete en seulement deux jours de temps et gratuitement ! Ces derniers ont également assuré une grande partie de la logistique (tables, chaises, sonorisation, thermos pour les boissons chaudes et froides etc.)  

Malgré un réveil difficile nous nous activons pour finir les préparatifs. Nous installons nappes et tables et ne négligeons pas la décoration pour rendre l’espace plus accueillant. 



La chorale devant la Mairie de Papeete

Au top départ de 13h nous sommes prêts. Une équipe chorale se trouve à l’entrée de la mairie micro en main pour attirer les passants et les inviter. Par binôme, nous les accueillons pour leur expliquer le principe du Café-Rencontre et qui nous sommes. Même si des personnes ont refusé, beaucoup ont accepté, certaines par curiosité ou pour se restaurer mais d’autre aussi pour un réel envie de partage. Face à au nombre important de personnes et notre petit effectif nous nous sommes adaptés en les prenant en charge individuellement !
Avec notre nouvel interlocuteur nous nous installons à une table ou boissons et gâteaux sont servis. Avec Benjamin nous nous étions préparés à ce moment. Des repères ont été donnés pour mener nos entretiens, avec par exemple des questions pour briser la glace, au début : Quel est votre programme de la journée ? Est-ce que vous avez déjà entendu parlé de nous ? Quel serait la seule chose indispensable si vous alliez sur une île déserte ? Les rencontres furent différentes pour nous, pour certains difficiles mais une chose reste commune, tous ont pu aborder le sujet de la foi et de Dieu. Pour cela, nous avions une animation. Nous avions disposés sur les tables des cartes postales issus de l'exposition "Une Église de témoins", illustrant des versets bibliques, invités les personnes rencontrées à choisir l’image qui évoquait le plus Dieu pour elles. Beaucoup ont eu l'opportunité de conduire des temps de prière à la fin de ces rencontres. 





La journée fut clôturée par un moment plus calme et introspectif, le « chemin de prière ». Le principe de cette animation est de proposer plusieurs stands sur lesquels les participants peuvent cheminer individuellement autour de leur foi. Parmi les stands, des personnes étaient disponibles pour prier pour ceux qui en ressentaient le besoin. Durant cette heure, un groupe de chanteurs et musiciens portaient les participants par des chants de louange en continu. 
Nous avons été touchés par le nombre de remerciements reçus. Même si tous n’ont pas pu parler de leur foi comme ils avaient imaginé le faire, et si les personnes rencontrées ne paraissaient pas toujours réceptives. Nous avons le sentiment partagé d’avoir fait notre travail de « semeur » comme l’évoque la parabole de Jésus dans les évangiles. Nous avons semé une graine, de parole, de sourire ou de don, nous remettons le reste entre les mains de Dieu. 

Jour 12




Aujourd’hui nous comprenons le sens du proverbe « la journée appartient à ceux qui se lèvent tôt », le bus nous attendait à 5h du matin pour nous conduire à l’aéroport, direction, l’île de Raiatea. Depuis cette île nous avons pris un bateau qui nous a conduits à l’île de Tahaa. Nous avons été émerveillés par la beauté des paysages et particulièrement par une quinzaine de dauphins qui se sont amusés autour de notre bateau. 


Après un bon repas et une petite sieste, nous avons sauté dans le truck pour un tour de l’île à la découverte du légendaire Hiro, un guerrier géant légendaire protecteur de l’île. Nous avons pu admirer son visage difficilement reconnaissable sur la roche d’une montagne, ainsi que la crête de son coq (un rocher en forme de crête). Parmi les vestiges de ce légendaire guerrier connu dans toute la Polynésie se trouve entre autre son pénis, observable sur l’île voisine de Huahine. 

Jour 13





Aujourd’hui nous avons assisté à une cérémonie de 4h sous un chapiteau où régnait une chaleur étouffante. Cette cérémonie était dédiée à l’inauguration de la nouvelle Ecole pastorale de l’Eglise Protestante Maohi à Hurepiti. Cette cérémonie était très attendue par la population, en effet, ce projet remonte à plus de 40 ans et a nécessité un effort financier colossal de la part de l’Eglise. Des délégations des Eglises de tous les arrondissements de l’archipel étaient présents ainsi que le président de la Polynésie. 
Nous avons été surpris lors de la visite du site que le plus gros des travaux était en fait le logement des étudiants et des professeurs. Le site est constitué de deux « préaux » traditionnels faisant office de salle de classe et d’une vingtaine de maisons spacieuses destinées à accueillir professeurs et étudiants et leur famille. Pour être admis à l’Ecole Pastorale il est obligatoire d’être marié. La majorité des futurs pasteurs ont déjà un conjoint et des enfants. 
Nous avons finis la journée par un temps de repos et un jeu de « pictionary-mime » avec comme thème les temps forts du camp.

Jour 14

En ce dimanche, nous retournons à Hurepiti pour vivre le culte d’ouverture du Synode annuel de l’Eglise Protestante Maohi. A l’occasion du Synode sont désignés les nouveaux dirigeants des différents comités de l’Eglise (Ecole du dimanche, jeunesse, groupe des femmes etc.) Un des thèmes majeurs du synode porte sur l’organisation d’un rassemblement de la jeunesse de l’Eglise, ce rassemblement a pour objet d’affirmer d’avantage la place des jeunes dans l’Eglise qui ont le sentiment de se sentir peu considérés et écoutés par les « anciens ». 






Le culte était rythmé par la présentation de l’histoire et des légendes de chaque arrondissement, ainsi qu’un chant. 
Ce culte d’ouverture est également le moment ou sont « installés » les nouveaux pasteurs. Les quatre nouveaux ministres ont prêté serment, leur mission était présentée par l’image du poisson et ses arêtes, de la même manière qu’il faut savoir séparer la chair des arêtes, les pasteurs doivent savoir séparer le bien du mal pour répandre la bonne parole. 
Le temps fort de ce culte fut un chant que nous avons interprété en tahitien et en français, toute l’assemblée s’est levée pour chanter avec nous et fut très émue, le président de l’Eglise ainsi que les nouveaux pasteurs ne purent retenir leurs émotions. Nous avons appris le lendemain que la presse locale (tv, radio, journaux) a fortement relayé ce moment de communion. 

Jour 15






A l’aube nous avons pris une petite embarcation qui nous a conduit sur un îlot désert et paradisiaque. L’eau turquoise et limpide nous a permis d’observer une multitude de poissons et coraux. Nous avons attrapé quelques oursins et crabes que nous avons appris à cuire et à déguster. 
La veillée fut riche en rires, chacun des groupes (tahitiens, suisses, français) ont présenté une danse, un chant ainsi qu’un sketch. Ce temps nous a permis de découvrir un morceau de la culture de chacun. 
Cet après-midi nous reprenons le bateau pour l'île de Raiatea et rejoignons la paroisse d'Heremoana, jeune Tahitien que l'on a rencontré au Grand Kiff.

Nourriture



Aujourd’hui, j’ai décidé de dédier une petite page de notre blog à l’activité qui occupe une grande partie de nos journées : manger !

Famille, amis, si vous pensiez nous voir rentrer de notre voyage minces et bronzés, détrompez vous, c’est plutôt avec des kilos en trop que vous nous retrouverez ! Puisqu’à Tahiti, on mange beaucoup
Comme nous mangeons quasiment à chaque repas dans une paroisse différente qui nous accueille spécialement pour le repas, ce sont trois festins par jour qui nous sont préparés. Ce moment commence toujours par des chants et des colliers de fleurs, se poursuit pendant le repas par un concert de chants et de percussions et s’achève par des danses et des discours de remerciements.

Le plus gros « choc alimentaire » est sûrement pour la plupart d’entre nous resté le petit déjeuner. Nous avons vite renoncé à notre « jus d’orange 100% pur jus garanti sans pulpe » et aussi à notre « lait demi-écrémé stérilisé UHT » pour du lait en poudre et du concentré d’orange dilué dans de l’eau. Mais bon, ça on s’y fait vite ! C’est surtout le poisson cru, le poisson perroquet, le riz et le poulet qui ont été le plus troublant. Le petit déjeuner ici est un repas comme les deux autres où l’alliage du poisson et du café est tout à fait normal ! On ne vous cachera pas qu’au départ on était un peu (carrément) sceptiques, « c’est ce truc blanc visqueux avec des bouts de poisson dedans ? » « Vous n’auriez pas des chocapics plutôt ? » mais finalement on s’y fait très vite. Sans oublier une petite précision : en Polynésie Française, l’utilisation des couverts est assez rare ! Nos petits doigts nous ont donc mieux servit que jamais !
Bon, avec tout ça je ne vous ai pas encore raconté ce qu’on mange vraiment ici : principalement du poisson, sous toutes ses formes, cru, en salade, grillé, en sashimi, en brochettes… à tous les repas ! Mais aussi du poulet, soit en sauce avec du riz, soit mariné et grillé. 
En accompagnement, on a la chance de souvent avoir du riz car le reste est quand même vraiment bizarre. Il y a le uru qui provient de la cueillette, de la préparation, et de la cuisson du fruit de l’arbre à pain.
Bien sûr, il y a la noix de coco, elle est présente dans presque tous les plats, toutes les boissons, toutes les sauces.
Voici donc es principales choses que nous mangeons, toutes plus variées et étranges les unes des autres, et également beaucoup de fruits.

Voilà, écrire m’a mis en appétit et d’ici une petite heure nous aurons le plus gros banquet de notre voyage ! Alors je vais arrêter d’écrire et me préparer psychologiquement à ingérer de grandes quantités de nourriture ! 
Ondine 

lundi 20 juillet 2015

L'accueil Polynésien

Comment aurions pu imaginer ? Comment se douter de l’accueil si incroyable qu’on allait nous réserver chaque jour ? Il fallait le vivre pour le croire. Et nous ne faisons pas semblant de le vivre ! Durant notre séjour au 2ème arrondissement, c’est trois fois par jour que nous avons été accueillis dans une nouvelle paroisse. 
Et c’est comme cela que nous découvrons à chaque fois des dizaines de personnes qui sont là pour nous avec envie, énergie, joie et amour. 

Chaque arrivée est une fête : des chants, des concerts, des danses, des banquets, et bien sûr des colliers de fleurs ! 

Et même si nous vivons souvent ces moments, nous sommes toujours fascinés. Fascinés par la capacité de ce peuple à donner tout ce qu’ils ont pour notre bonheur, par leur envie de partager leur culture, par tout le temps qu’ils passent à préparer l’accueil de soixante-dix jeunes inconnus qu’ils verront juste le temps d’un petit déjeuner. 



Ce qui nous impressionne toujours est qu’ils donnent sans rien attendre en retour et que la seule chose qu’ils souhaitent est que nous recevions ce don simplement. Un pasteur nous disait aussi dans une paroisse : c’est lorsque vous, nos invités, vous êtes heureux, que nous polynésiens, sommes vraiment heureux. Et alors, le Seigneur est heureux aussi. 

Nous vivons chaque jour un témoignage vivant de l’amour de Dieu pour l’homme à travers de l’amour véritable que nous portent toutes les personnes que nous rencontrons.
Polynésie, terre d’accueil, croyez nous, ce n’est pas une blague !
Alors maintenant à nous de retourner dans notre pays en gardant en nous au moins un peu de cette culture afin de peut-être donner à l’avenir plus d’énergie, plus d’envie et surtout plus d’amour dans l’accueil de nos prochains.


Ondine
Sur la route ...

Voici quelques écrits sur les journées du 17 au 19 juillet.

Jour 6 

Il n'y a pas de sport sans rencontre




Ce vendredi nous avons eu la chance de rencontrer la plus vielle tortue de Tahiti de 203 ans, au jardin botanique ! Nous nous sommes ensuite promenés dans d’autres jardins où l’on a notamment pu observer une multitude de variété d’espèces végétales endémiques. Mais cette après-midi, en plus de ce programme plutôt « touristique », nous avons partagé avec les Tahitiens un moment de de rencontre au cours d’une partie de beach soccer. 




Nathanaël nous raconte : 

"Depuis que je suis petit, j’ai une passion pour le foot. Mais dans le beach soccer on rentre en contact plus facilement avec les personnes de notre groupe ainsi qu’avec des inconnus. On a donc un contact amical plus facile que dans le quotidien. On partage ensemble les moments de joie et de victoire, et même quand on perd, l’ambiance reste saine. Pour moi, le fait de jouer avec eux m’a donné l’occasion de vivre une vraie rencontre. Je me souviens avoir bu dans la bouteille d’un tahitien et au travers ce simple geste est apparu de notre rencontre. Au final j’ai aimé ce jeu parce qu’il rend plus facile la parole et permet d’échanger sur nos cultures."


A part cela, nous avons poursuivi notre tournée d’accueil dans 3 nouvelles paroisses du 2e arrondissement. Nous vous en parlerons plus tard.









Jour 7 

C'est vrai tel que je suis Dieu m'aime 

Samedi on a eu la chance d’interagir avec un Rere. Petit « point culture » : à Tahiti on différencie les Mahu et les Rere. Les Mahu sont des hommes efféminés qui s’accomplissent dans les tâches traditionnellement réservées aux femmes (comme par exemple dans le Aparima des Vahine LIEN). Ils s’habillent plutôt en femme et sont efféminés. La question de leur sexualité reste taboue mais bon nombre d’entre sont attirés par les garçons.


Contrairement aux Mahu, les Rere mettent plus leur identité de femme en avant. Ils préfèrent souvent que l’on dise « Elle » par exemple. Here Iti est un Rere qui a accepté de répondre à nos questions.
Le groupe des danseuses, à droite Here Iti,
au fond à gauche un autre ReRe
Au fil de la discussion avec Here Iti, il nous a très vite parlé de l’hypocrisie qui règne dans l’Eglise. En effet, malgré qu’il participe pleinement à la vie de sa paroisse, qui lui reconnaît une place et des dons, il n’est pas accepté entièrement. En le questionnant sur sa relation avec Dieu et sur sa vie en tant que Rere, Here Iti nous a confié qu’il se sentait être dans le péché, que Dieu ne lui donnait pas sa bénédiction. 

Nous avons été très touchés car cette personne ne se sentait pas aimée par Dieu. Alors que nous vivons notre foi avec une phrase importante « Dieu m’aime tel que je suis ». En réaction Audrey une encadrante du camp a témoigné en retour en affirmant à Here Iti que Dieu l’aimait inconditionnellement. Et cela en dépit de sa propre opinion sur elle et de la position de l’Eglise protestante Maohi.


Lily Brenda et Suzanne durant le témoignage
Témoignage de deux jeunes :
Wendy : « son discours m’a vraiment touché, elle ne se sent pas acceptée par Dieu et ne sait pas où est sa place dans sa vie avec Lui. » 
Cynthia : « Au final dans ce témoignage ce qui m’a le plus marqué c’est qu’elle parlait sans tabou, on trouve ça extraordinaire alors que ça devrait être normal de parler de soi ouvertement ».


Notre groupe avec Here Iti à la fin de la discussion




samedi 18 juillet 2015

Nos premiers pas !

Voici le résumé de nos premiers jours à Tahiti. Du 12 au 17 juillet. 

Jour 1 : Ia ora na Tahiti

Il n’y a pas de voyage sans jet lag !




Après une journée de voyage nous sommes arrivés à 22h à l’aéroport de Papeete. Nous avons été accueillis d’une manière formidable par les Tahitiens ! Malgré notre fatigue, ce moment fut fort en émotions lorsque nous avons retrouvés nos frères et sœurs tahitiens. Avec le groupe de suisse déjà présent sur place, c’est dans un chant et une danse de bienvenue qu’ils nous ont mis au cou des colliers de fleurs !
Sur place on découvre notre nouveau lieu de vie pour les prochains jours où nous dormirons tous ensemble. Les suisses avec qui nous partageons nos journées sont ici avec nous dans le cadre d’un autre projet. Les opportunités de rencontre seront grandes pour ce séjour !
Nous comprenons l’organisation de notre séjour. Nous allons visiter chaque arrondissement les uns à la suite des autres. Un arrondissement est un regroupement de paroisses qui se trouvent dans un même lieu ou une même île. C’est l’arrondissement qui élabore le programme de notre séjour à chaque fois, il nous est donc difficile de savoir exactement de quoi seront faites nos journées ! Notre projet de témoignage, qui représente un axe fort de notre séjour nous apparait donc au départ difficile à organiser. Cependant après quelques réunions avec les organisateurs locaux, nous comprenons que nous mettrons en œuvre nos actions lors de notre visite au 7ème arrondissement. Il comprend la ville de Papeete, là où se trouvent des jeunes hors de l’Eglise et en difficulté (chômage et isolement), public que nous voulons toucher lors de nos actions de témoignage. Les jeunes tahitiens qui nous ont rendu visite en 2013 acceptent avec joie de nous accompagner dans ce projet, qui se mettra donc en place du 22 au 26 juillet.


Jour 2 : Départ pour Moorea

Pas besoin de parfum lorsque l’on a des colliers de fleurs


 Deuxième réveil aux chants des coqs, sans perdre de temps nous prenons le ferry pour l’île de Moorea (45 min de trajet). Nous nous rendons à l’église de Papetoai qui nous accueillera pour quatre jours. Le paysage est magnifique, l’eau est claire, la végétation abondante et nous croisons des poules, chats et chiens errants. Une fois les pieds posés hors du bus, nous sommes reçu dans un chant de bienvenu. Pour la deuxième fois nous recevons des colliers de fleurs ! Un paroissien nous raconte l’histoire de son Eglise dans sa langue, et même si cette barrière nous sépare, nous comprenons que l’attachement à son église est fort. Et pour cause, ce fut de cette église que les premiers missionnaires sont partis répandre la bonne nouvelle.



L’après-midi fut extraordinaire ! Nous avons nagé au milieu des raies et des requins ! Nous avons pu caresser les raies et profiter de la température de l’océan. 


La soirée fut notre deuxième surprise de la journée ; Les mamans de l’église nous ont préparé les spécialités locales : riz, poisson, soupes, légumes… Le dîner s’est ponctué d’une danse marquisienne  effectuée par des hommes en habits traditionnels. Après cet impressionnant spectacle nous avons tous souhaité un Joyeux anniversaire à Iris ! S’en est suivi la présentation de chacun des groupes.
Et c’est dans la fatigue du Jet Lag que nous avons terminé cette première journée.


Jour 3 : découverte d’une culture

C’est dans la douche froide que l’on forge un corps sain



Atelier Pareo

Aujourd’hui on a pu profiter du soleil sur la plage. Les jeunes de la paroisse de Papetoai nous ont préparé différentes activités pour découvrir leurs traditions. C’est avec enthousiasme que nous avons  participé aux différents ateliers. Nous avons appris à tresser des objets avec des palmes de cocotiers, à jouer de percussions traditionnelles ainsi que des chants. Mais le plus dur des stands était sans doute celui de la danse où l’on a du faire preuve de souplesse et de rythme ! Le challenge sportif a conclu ce moment de découverte où nous nous sommes notamment affrontés dans un lancer de noix de coco et de tressage d’objet. L’après-midi s’est déroulée dans la détente où nous avons pu jouer ensemble sur la plage ou même observer les poissons dans l’eau transparente de l’océan.


La journée s’est enfin conclue par une soirée ayant pour thème l’unité. Pour ce thème proposé nous avons choisi de l’exprimer en chanson avec comme punch-line : « Tahitiens, Suisses et Français tous ensemble rassemblé. Si différents mais pourtant Dieu nous réunis mystérieusement. » . Les suisses nous ont proposé un mini flash-mob dans un chant qui nous a touché. Les tahitiens ont illustré l’unité en mettant en scène la rencontre de nos groupe avec humour.


Jour 4 : Le four tahitien

Le Uru fait la force


Aujourd’hui nous avons appris plein de choses ! Le moment le plus important de la journée fut le four traditionnel. Pour le préparer il faut une demi-journée, les femmes préparent la nourriture et les hommes préparent le four. Pour l’allumer et entretenir le feu on utilise des palmes de cocotiers sèches pour démarrer le feu. Les pierres volcaniques disposées au fond chauffent jusqu’à devenir rouges et le feu est parti ! Dans la cage métallique nous mettons les plats qui cuiront dans les feuilles de bananier. La cage enfin descendue nous la recouvrons d’une bâche pour calmer le feu. Un plat typique et délicieux que nous avons pu goûter est le fruit de l’arbre à pain : le Uru. La préparation a commencé à 11h où nous avons recouvert la cage. La place du four traditionnel est importante dans la communauté Tahitienne, il doit être là lors des mariages et autres grands évènement. C’est un moment où tout le monde est rassemblé pour mettre la main à la pâte. Nous avons pu d’ailleurs apprendre à tresser des chapeaux avec les palmes de cocotier.  



Préparation du Poè, désert à base de banane et de lait de coco


En attendant d’éteindre le four à 15h nous sommes partis en randonnée dans la « montagne magique ». La vue durant la montée était magnifique, la nature a tous ses droits, les montagnes érigées sont recouvertes d’acacia, de bananier et de cocotiers. Mais le panorama qui nous attendait en haut était unique. Une vue directe sur tout l’horizon et les montagnes de Moorea. C’est avec cette vue que nous sommes redescendus.




Le résultat du four Tahitien

Notre dernière soirée s’est déroulée à la salle omnisport où les Vahinés nous ont présenté la danse traditionnelle, le Aparima. Les costumes préparés toute la journée étaient fait de palmes de cocotiers, de fleurs en tous genres et de toutes les couleurs. Le spectacle s’est ensuite fini et se fut le temps des remerciements.
Dans la tradition le collier de fleur est donné lorsqu’on accueil une personne, mais ce soir nous avons reçus un collier de coquillage et de graine de fruits pour notre départ.
C’est avec toute l’émotion mais aussi de la fatigue de la journée que nous sommes allés dormir.




Photos bonus du jour : Douche sous la pluie !


Jour 5 : Escapade sur la Presqu’île

Citation du jour : Enfin la 4G pour blogguer

La pluie est (toujours) là ! Dans la culture la pluie est de bon augure pour l'accueil, il est signe de bénédiction nous a-t-on dit. Mais s'il avait fait beau, nos amis Maohi nous aurait certainement trouvé une interprétation toute aussi positive.
Nous partons de Moorea ce matin et c’est le temps de dire au revoir à nos amis qui nous ont chanté des chants d’au revoir. Nous furent très ému et ce moment fut un vrai témoignage d’amour. Et malgré le fait que le séjour était court les paroissiens de Papetoai étaient tristes de nous voir partir.
Le retour sur Tahiti fut rapide puisqu’une fois arrivés nous avons sautés dans le car pour aller dans la presque île. Nous dormons ce soir dans la paroisse de Vairao. Nous sommes ici où la fameuse compétition de surf, la Billabong Pro cup se déroule. Après avoir partagé le repas nous ne pensions pas pouvoir apprendre encore plein de choses ! Ils nous ont fait bouger sur la danse du Haka, mais aussi nous ont perfectionnés sur notre Aparima ! Et nous apprenons aussi des chants en Tahitiens, ce qui est bien pour élargir notre répertoire mais aussi pour pourvoir chanter en cœur avec eux.


PS : Tous le monde va bien, on en prend plein les yeux !!
PPS : La 4G n'a finalement pas marché... mise en ligne retardé au lendemain, soit aujourd'hui, vendredi 18 juillet à 21h15 à Tahiti (soit le samedi 19 juillet à 9h15 pour la métropole)

Prochaine mise à jour d'ici 4 à 5 jours, pour parer un peu plus de notre projet de témoignage.

mercredi 1 juillet 2015

Vu dans Forum Défap !

Camp de jeunes en Polynésie Française
Dans quelques jours, le 12 Juillet, une vingtaine de jeunes et leurs accompagnateurs seront à l'aéroport Charles de Gaulle, prêts à traverser la moitié du globe pour vivre trois semaines de rencontre et de témoignage en Polynésie Française.
  



Ces jeunes, entre 16 et 20 ans, sont issus de différentes communautés de l'Église protestante unie de France et partent avec le soutien, notamment du DEFAP - le service protestant de mission - et de la CEVAA - communauté d'Église en mission.


On peut imaginer que ce sera une expérience marquante pour ce petit groupe car le dépaysement est garanti.

Un des axes de notre projet est la découverte de la culture polynésienne et du quotidien de ces jeunes, engagés dans l'Église protestante Maohi. Quelles sont leurs valeurs et leurs coutumes ? Quelle est la place de la vie communautaire et de la jeunesse ? A quoi ressemble leur vie spirituelle ? En quoi est-ce que cela nous interroge individuellement et au niveau de notre Église ?
Un autre axe sera un projet de témoignage de la foi, pensé avec un groupe de jeunes tahitiens. Nous irons à la rencontre d'une jeunesse en difficulté, au chômage et qui peine à trouver sa place dans la société. L'objectif sera de proposer des moments de rencontre et des activités plus cultuelles, pour être, ensemble, une Église de témoins.

Un projet 100% dans l'esprit du DEFAP et de la CEVAA, où deux groupes de différentes Églises et cultures vont se découvrir et s'unir dans un projet commun, à destination d'un autre public. Bref, un projet 100% missionnaire, car, nous en sommes convaincus : une bonne nouvelle, ça se partage !

 Benjamin Bories,
Accompagnateur